Deuxième jour : des nouvelles du camp

Deuxième jour de nos péripéties.

Il est 9h30 quand Hettie, l’une des membres au « gilet orange » (signe d’expérience) de Help Refugees rassemble tous les bénévoles devant les hangars. Petits exercices d’échauffements rapides, histoire de réveiller ceux qui ont encore la tête embrumée.

La jeune femme nous briefe ensuite sur les règles du camp pour les « nouveaux », qui porteront, eux, un « gilet jaune ». Ici, tout le monde a un rôle à jouer dans les entrepôts, tout le monde est utile, et tout se partage dans la bonne humeur.

Chacun est donc affecté à une tâche particulière. Chaque tente est mesurée, montée et démontée, chaque vêtement est rangé par taille et par type. Tout est compté, nettoyé, inspecté… Les vêtements tachés, troués, trop grands ou en mauvais état ne sont pas gardés. Les associations qui gèrent l’entrepôt insistent souvent dessus : « Si je n’en veux pas pour moi, alors je ne le garde pas ».

Vers midi, nous sommes tous appelés pour une réunion d’information, à côté de l’atelier de coupe du bois, à l’arrière du hangar. Les bénévoles s’installent dans les vieux fauteuils dépareillés et écoutent attentivement une jeune femme venue apporter les dernières nouvelles de la « Jungle ». Mercredi, le Gouvernement annonçait que le bidonville était vide, que la mission avait été accomplie avec succès.

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Nous sommes samedi, le démantèlement est terminé. Mais un millier de mineurs isolés, livrés à eux-mêmes, demeurent dans un camp détruit par les flammes et les pelleteuses. Et tandis que les caméras sont déjà tournées vers les centaines de personnes venus grossir les camps de fortune parisien, seules quelques associations de Calais prennent en charge les repas de ces jeunes, laissés sans ressources au sein du camp.

La jeune femme nous explique également que les associations ne prennent pas complètement en charge ces mineurs. Volontairement. Afin d’attirer l’attention de l’Etat et le « rappeler à l’ordre ». Afin qu’il garantisse les droits les plus primaires à ces mineurs, comme un abris décent.

De toute façon, les associations ne sont toujours pas autorisées à entrer dans le camp. A l’annonce de cette nouvelle, c’est la panique. La cuisine, jusqu’alors destinée à préparer les repas pour résidents du bidonville et bénévoles, avait réduit ses effectifs. Branle-bas de combat, quelque 1500 repas doivent être prêt d’ici ce soir. La distribution de nourriture se fait sur les abords du camp, bordé de CRS. Mais comment prévenir les mineurs restés dans les containers ?

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Le soir, Lucile, une jeune femme travaillant à France Terre d’Asile (FTDA), nous parle de son expérience d’aide juridique au sein du camp. Alors que la Grande-Bretagne prévoyait d’accueillir 200 mineurs sur ses terres, entre 400 et 500 ont déjà traversé la Manche. Les premiers jours du démantèlement, la cohue a été massive auprès de l’Home Office anglais et des représentants de FTDA et du Ministère de l’Intérieur, qui gèrent les départs. Même si de nombreuses personnes s’étaient résignées à rester en France et à être réparties dans les CAO, certains tentent encore de partir vers la Grande-Bretagne.

Lucile, bénévole du RETSER

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