Déplacement à "la jungle de Calais", Nos évènements

Dernier jour : nouveaux départs

Dans un brouillard matinal s’esquisse notre dernière journée au hangar.

Aussitôt arrivés, nous nous mouvons avec aisance dans ce lieu qui nous est désormais connu. Tandis que certains flânent tranquillement en attendant le début de la journée, d’autres se hâtent de se servir un café ou de revêtir leur gilet de sécurité avant de se mélanger aux autres bénévoles.

A 9h30, un cercle plus modeste que les jours précédents se forme autour d’Hettie pour le briefing quotidien. Parmi les têtes familières, de nouveaux venus. D’autres sont retournés à leur quotidien ou partis se ressourcer pour quelques jours dans leur famille. Hettie elle même, bénévole de longue date, n’est revenue à Calais que pour quelques jours. Depuis le démantèlement du camp, les besoins se sont amoindris et l’activité a ralenti. Chaque association est amenée à s’interroger sur le sens et les modalités de son intervention future à Calais.

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Une énergie commune anime pourtant ceux qui sont là aujourd’hui. Après notre gymnastique matinale et le rappel des règles de sécurité, nous nous répartissons rapidement selon les tâches qui nous ont été dévolues. Tandis que certains se retrouvent au tri des vêtements et couvertures ou au montage des tentes, une majorité d’entre nous s’improvise commis de cuisine.

De vaillants cuisiniers s’activent autour de marmittes géantes tandis que nous épluchons, découpons et mélangons, carottes, oignons, choux, poivrons et salades. Les quinzaines de bacs à salade concoctés par nos soins seront ensuite acheminés avec les plats chauds vers le camp de Grande-Synthe, à Dunkerque. Il y a quelque chose de réconfortant dans le fait de cuisiner pour ces réfugiés qui habitent chacune de nos pensées et dont nous sommes pourtant si éloignés.

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C’est l’heure du déjeuner. Quelques rayons de soleil percent la masse nuageuse pour ce repas partagé par l’ensemble des bénévoles. Les témoignages des volontaires de longue date font parvenir jusqu’à nous des échos de la vie des quelques réfugiés restés sur le camp, ainsi que de celle des mineurs isolés dans les containers. L’un d’entre eux, un anglais immense qui déborde de chaleur, nous annonce qu’il devrait être autorisé à aller jouer avec les enfants dans les contenairs ce dimanche soir.

Le reste de la journée se poursuit avec entrain, sur les notes de musiques venues du monde entier et au gré de conversations avec d’autres bénévoles. C’est le coeur un peu lourd qu’il nous faudra nous dire au revoir à la tombée de la nuit. Nul d’entre nous ne sait quand il reviendra ni pour combien de temps ce lieu de solidarité perdurera. Si la cuisine continuera encore à être active pour un certain temps, le hangar à dons pourrait fermer au moins pour quelques jours.

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Pourtant, bénévoles de longue date ou de passage, français, anglais, irlandais, portuguais, espagnols, allemands et de bien d’autres horizons encore, une indignation commune nous a menés ici, ainsi qu’un même désir de redonner un peu d’humanité et de chaleur à tous ces hommes, femmes et enfants qui ont été contraints de quitter leur foyer pour une vie d’exil.

Nous rapportons de Calais une part de cet élan de solidarité, qui aura présidé à la création de cet immense mouvement bénévole.

Keani, bénévole du RETSER

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Une poignée des bénévoles du RETSER, sur la plage de Calais.
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