Une journée au musée

Mercredi 25 janvier, c’est le jour choisi pour organiser la visite d’un lieu toulousain chargé d’histoire, le Musée des Augustins. Vingt exilés et neuf bénévoles se sont retrouvés pour découvrir l’ancien couvent et son exposition du moment « Fenêtres sur cours ».

Alors que les premiers flocons tombent sur Toulouse, c’est au chaud, à l’intérieur du musée des Augustins que le premier événement de l’année 2017, organisé par le pôle « activités culturelles et sportives » du RETSER, a lieu. Arrivés du CAO des Pradettes, quartier situé à l’ouest de la ville rose, les réfugiés ne connaissaient pas ce lieu du centre-ville.

Mathilde Vié, l’organisatrice de la sortie, explique le sens de la visite : « L’objectif est de créer des liens entre étudiants et exilés, avec différents intermédiaires, dont celui des musées. On avait noté un certain attrait de leur part pour la culture française… C’est grâce à l’implication de salariées du musée que nous avons pu organiser rapidement cette visite et établir un partenariat avec le site. »

15h45, début de la visite. Les premiers pas mènent au cloître. Les gargouilles, les colonnes, le jardin intérieur, tout est empreint d’histoire. « J’aime les lieux historiques, il y en a aussi chez moi à Kaboul », nous confie un réfugié afghan. Les palais de Darulaman ou encore de Tajbeg, tous deux construits dans les années 1920 à quelques kilomètres de Kaboul, sont les vestiges d’une époque où les leaders afghans souhaitaient occidentaliser le pays. Ce ne sont aujourd’hui plus que des ruines.

La suite de la visite se tient dans l’ancien réfectoire, aujourd’hui salle d’exposition, en deux groupes de langues distinctes : l’un en français accompagné d’une interprète, Carla, l’autre en anglais. La guide explique l’origine et le sens des sculptures romanes exposées, vestiges des trois édifices religieux les plus importants de Toulouse : le monastère de la Daurade, la collégiale Saint-Sernin et la cathédrale Saint-Etienne.

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« En Tunisie, à la frontière avec la Libye, il y a ce type de sculptures, mais elles sont détruites ou pas mises en valeur, il n’y a pas d’archéologie là-bas », livre l’un des réfugiés. Des hommes ont pris des feuilles et des crayons et se mettent à dessiner. Certains montrent leur création. Elles représentent un mélange entre ce qu’ils ont sous les yeux et leur imagination. Une lance, une couronne, la silhouette d’un homme, des détails des œuvres se dessinent dans leurs croquis. Mais ce qu’ils préfèrent dans la pièce, c’est la lumière qu’elle offre grâce à sa hauteur sous plafond.

Première exposition consacrée au thème des cours intérieures, « Fenêtres sur cours » est abritée dans l’église du musée jusqu’au 17 avril 2017. Certains membres de notre groupe entrent pour la première fois dans ce lieu de culte. L’un d’eux, pour autant, avait eu l’occasion de visiter une église, lors de son séjour à Calais, « beaucoup plus grosse », nous indique-t-il. Nous présumons alors qu’il ne s’agit pas de l’église orthodoxe du camp gardé par les Erythréens dont il parle, mais de l’Eglise Notre-Dame de Calais.

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Sur une scénographie partagée tant bien dans l’enceinte de l’église qu’en son extérieure, dans le cloître, la disposition des tableaux dépeint l’histoire de nos cours occidentales, lieu de vie à travers les époques. Du 17ème siècle et ses cours de tavernes ou de fastueux palais, au 19ème où l’accent est mis sur l’espace des cloîtres, en passant par le 18ème et l’âge d’or du commerce vénitien, les œuvres témoignent d’une culture peut-être inconnue à nos camarades de visite. Désireux de comprendre et d’apporter leur vision, c’est sans cesse qu’ils demandent la traduction des explications.

A 17 heures passées, les sourires sont sur les lèvres, mais il est temps de rentrer. L’intégration par la culture, le mot d’ordre est approuvé par le succès de cette visite. D’autres sorties sont prévues par le RETSER dans les musées toulousains, mais aussi des visites à thèmes de la ville comme celles des jardins ou des berges de la Garonne.

Raphaëlle, bénévole du RETSER

© Anaïs Prégermain

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