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Rires, cafouillages et humilité : notre après-midi salsa

Samedi dernier, nous organisions en partenariat avec une école de danse toulousaine, le TRAC, une après-midi autour de la salsa grâce à un cours d’initiation, compte-rendu.

L’idée de la salsa est venue d’Elsa, une bénévole qui donne des cours de français sur le CAO. Etant elle-même danseuse, elle a eu envie de partager sa passion avec les réfugiés et leur permettre de découvrir une culture autre, n’étant pas propre à la France. Les origines musicales de la salsa viennent de Cuba, dans les années 40, mais son lieu de naissance à proprement parlé est le quartier espagnol de New York ! C’est une jolie interculturation à elle entière. Elle mélange sonorités cubaines, danses influencées par le style espagnol mais nées sur le territoire américain… Alors pourquoi pas l’interculturer encore plus, en permettant à des Soudanais, Afghans, Tunisiens, Françaises, Marocaines, de la danser ensemble ? Et bien c’est ce que nous avons fait !

Quand nous sommes arrivés au CAO des Pradettes où vivent une vingtaine de réfugiés de multiples nationalités, peu d’entre eux se trouvaient au point de rendez vous. Nous avons vite compris que les autres mettaient un peu plus de temps que prévu à se préparer… Quand ils nous ont rejoint, ils avaient enfilés de beaux pantalons, une chemise et même une veste noire pour certains, ayant pris le temps de soigner leur apparence.

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Sur le chemin pour se rendre à la salle de danse, qui fût un peu long (bus, métro, tram), nous avons beaucoup échangé avec plusieurs d’entre eux, en prenant plaisir à passer un peu dans tous les petits groupes pour les sonder sur la danse, leur semaine, le français… Et les motiver pour danser aussi. Certains disaient alors qu’ils ne venaient que pour regarder, qu’ils ne savaient pas danser, etc. L’occasion de conclure avec un groupe de soudanais que la prochaine fois ils devraient nous apprendre des danses soudanaises ! Proposition à laquelle ils ont dit oui sans hésiter, et qui les a fait beaucoup rire !

Arrivés à la salle, toutes les bénévoles étaient là. Nous sentions certains réfugiés un peu gênés et impressionnés par toutes ces filles et par la salle de danse. Quand le cours a commencé, la gêne est très vite partie et a laissé place à des rires : nous avons formé des binômes pour apprendre les premiers pas de danse. Durant 1h15 de cours, le prof était très à l’aise et savait les mettre à l’aise ! Carla, une bénévole, était là pour traduire si besoin, elle nous a un peu aidé à certains moments (traduction arabe et anglaise), mais tout fonctionnait très bien juste par les gestes, et avec leur partenaire bénévole qui souvent leur re-expliquait les consignes.

Les Afghans paraissaient moins à leur aise, ce n’était pas si évident de répéter des pas à gauche, à droite, à gauche… Tout en essayant de rester naturel à quelques centimètres d’une femme. Mais ce léger embarras nous a permis aussi de rire, de comprendre les pas ensembles (qui n’étaient pas forcément évidents pour nous non plus bénévoles), d’improviser à l’abri du regard du professeur et de laisser notre « swing » naturel revenir. Les binômes changeaient régulièrement, ce qui nous permettait de pouvoir rencontrer, ou rencontrer d’une façon différente, les réfugiés. En effet, la salsa nous oblige à faire entrer l’autre dans notre petite sphère privée, à le voir sous un nouvel angle, à lui permettre de partager nos émotions à l’instant même ou nous les avons. Et je pense que tout le monde s’est autorisé à faire cela !

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C’est dans cette ambiance chaleureuse que l’on pouvait entendre des rires presque constamment, où l’on sentait le partage et où la communication était réussie ! A la fin du cours nous avons bu un coup tous ensemble dans la salle. Les réfugiés ont fait pleins de photos avec leurs partenaires de danse, de vrais paparazzis ! A la fin de l’après midi tout le monde était ravi. Les réfugiés nous ont remercié de nombreuses fois et nous ont demandé de le refaire. Ils étaient vraiment contents de ce moment.

C’était un réel moment de partage qui nous a permis de passer au delà de la barrière de la langue, et de créer des liens tous ensembles autour d’une danse, aussi particulière que belle soit elle, et surtout de pouvoir créer notre propre danse à nous, influencée par cette multitude d’appartenances culturelles qui sont les nôtres. Plus que simplement danser de la salsa, nous avons réalisé une danse à notre image, remplie de joie, de partage, de cafouillage, et surtout d’humilité.

Mathilde, bénévole du RETSER.

© Rainui Chauvin

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