La Vélorution est en marche

Toulouse est belle, et Toulouse est grande ! Et pour s’y déplacer, sans porter ombrage à ses transports en commun, rien de mieux que le vélo. Parce que c’est aussi retrouver son indépendance que de pouvoir se déplacer en liberté, une indépendance indispensable pour les exilés de la ville rose.

Au cours d’une discussion avec un ami cycliste, le nom de Vélorution survient. Après un coup de téléphone à l’association, nous sommes déjà invités à une assemblée générale un mardi soir. Pour le cycliste du dimanche doté d’un sens du déséquilibre sur-développé qui écrit ces lignes, pénétrer dans ce temple de la roue à rayons est source d’angoisse mais le jeu en vaut la chandelle. Au début nous voulions juste discuter de la possibilité de trouver ou obtenir des vélos, pourtant un tout autre projet est vite mis sur la table par l’association : proposer que des exilés puissent venir monter leurs machines eux-mêmes. L’indépendance et l’action personnelle, on est en plein dedans.

Après quelques rebondissements, nous y sommes. Depuis début mars, des personnes en CAO viennent assembler leur propre vélo, et ce gratuitement, à la seule condition que des bénévoles du Réseau viennent avec eux en soutien. Les listes s’organisent cahin-caha avec le soutien de personnes travaillant avec France Horizon, et le projet se lance enfin avec le soutien financier d’un généreux donateur. Grâce à lui, ces vélos disposent d’antivols qui les empêcheront de réapparaître mystérieusement comme le voudraient certaines légendes en vente au marché de Saint Sernin du dimanche matin (déplacé sur les allées Jules Guesde pour les trois prochaines années, nota bene).

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Forte de nombreux adhérents et d’un positionnement politique dynamique en faveur de la transition écologique et de la culture du vélo, l’association convainc. Elle peut séduire autant qu’elle intimide, mais l’enthousiasme qu’on y trouve ne peut pas laisser indifférent. L’accueil, la disponibilité mais aussi le sens des responsabilités, le sérieux et l’engagement des membres de l’association Vélorution sont au cœur de l’association soutenue aussi par deux personnes salariées.

Les règles y sont simples, et peuvent se résumer à la seule idée de respect. Le respect des tentatives aussi bien infructueuses que réussies. Le respect que l’on veuille travailler seul ou à plusieurs. En fait, le simple respect des autres et de soi.

L’atelier, on s’y sent bien comme dans le garage de son grand-père syllogomane, au crépuscule d’une existence d’écureuil consciencieux qui y a accumulé les trouvailles d’une vie. Mais l’ambiance y est différente ; les hauts parleurs crachent les Red Hot Chili Peppers quand ce n’est pas la voix du regretté Freddy Mercury qui vient fendre les airs. Après quelques temps d’adaptation sur ce lieu si particulier, on finit par s’y retrouver sans difficulté, et dans l’après-midi on ne manquera pas de sortir chercher quelques pièces dans la cour de l’association sous le regard imperturbable des poules qui y règnent en souveraines.

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On peut venir y acheter son vélo pour pas cher, mais le plaisir de monter de toutes pièces sa machine n’a pas de prix. Du moins, hormis celui des pièces et de l’adhésion. Les tarifs standards pour devenir membre de l’association sont de 15€, et de 10€ pour les plus petits revenus. La contribution est indicative, mais avec 45€ de pièces trouvées dans l’atelier, on peut se faire une belle machine, unique et pleine de la fierté assourdissante du travail achevé (Aragon me pardonnera l’hommage maladroit).

Notre rôle au RETSER dans ce projet est au final presque anodin. Nous venons avec les exilés pour les aider si besoin et si les bénévoles de Vélorution sont sollicités par d’autres personnes. Ce sont bien les exilés qui montent leurs machines, et la première semaine nous a bien montré que ce sont souvent eux qui peuvent nous aider là-dessus, et pas l’inverse. Aboukarim nous l’a bien prouvé : autrefois mécano de moto au Soudan, sa bicyclette est sur roue quelques heures après que le guidon ne soit fixé.

C’est une bonne leçon d’humilité et un excellent moyen de rencontrer des personnes avec des parcours et des horizons riches et différents. En tous cas, l’initiative rencontre du succès et certains pourraient bien devenir des bénévoles assidus de l’association. Retrouver son indépendance et s’intégrer par l’action et l’investissement personnels, le pari est en train d’être gagné. Et en plus on s’y fait des amis dans la mécanique, et ça c’est toujours pratique.

Paul-Malo, bénévole du RETSER
© Paul Lorgerie

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