La veille des Airs Solidaires : Le RETSER en mode Top Chef (1/2)

« On doit mettre tout son coeur dans la cuisine. » De Rosa Lewis

Les réfugiés et une petite bande de bénévoles ont clairement mis tout leur cœur à l’ouvrage, le mardi 21 mars afin de préparer des spécialités culinaires venant des 4 coins du monde pour le festival des Airs Solidaires.

En cette fin de journée nous nous rendons au CAO des Pradettes afin de proposer aux réfugiés de participer à une activité cuisine. Arrivés sur place, nous expliquons le projet à quelques réfugiés : le but est de cuisiner (en début de soirée) pour la journée du lendemain à l’occasion du festival des Airs Solidaires. Cette journée apparaît comme le moyen de présenter l’association et de faire goûter des spécialités venant de différents pays aux passants, étudiants et personnes intéressés par le RETSER.

Après avoir convaincu quelques réfugiés, nous voilà partis pour le Géant Casino situé à la station de métro de Basso Cambo. Oui, vous l’aurez compris notre première MISSION est de faire des courses. Nous avions à la base une idée bien fixe de ce que nous voulions que les réfugiés préparent avec nous : «Il faudrait faire un petit quelque chose à grignoter et sucré » ne cessions-nous de répéter.

Après avoir tourné en rond pendant près d’une heure dans le supermarché, nous pensions avoir fait le tour : poulet, pomme de terre, riz, carotte, maïs jaune, farine, sucre, vanille, huile, œufs… (oui, c’est bien ce à quoi vous pensez, tout ce qu’il faut pour « cuisiner un petit quelque chose à grignoter et sucré » ! ). En effet, nous avons décidé de faire totalement confiance aux réfugiés et de laisser leurs âmes de cuistos s’exprimer librement : plus de contrainte sucré, salé, petit, grand, chaud, froid, c’était comme ILS le souhaitaient. Nous nous embarquions donc dans l’inconnu culinaire !

Arrivés à la caisse Ousmane n’a pas l’air satisfait par notre choix de cacahuètes, il ouvre donc un paquet et goûte une cacahuète comme si de rien n’était ! Un fou rire général résonne dans le magasin lorsque la caissière nous demande si c’est bien nous qui avons ouvert le paquet…

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Sur la route du retour, en direction du CAO, Maître Gims et Christophe Maé accompagnent notre trajet pour le plus grand bonheur des réfugiés. J’allume mon GPS – sans même réfléchir- et commence à suivre naïvement la petite voix de mon téléphone « tourner à gauche ; au rond-point prendre la première sortie… ». C’est alors qu’Hassan se met à nous demander la chose suivante : « Vous utilisez cela (le GPS) tout le temps ? ». Nous répondons alors niaisement « Oui c’est parce qu’il y a beaucoup de routes en France ! » (remarque qui ne manque pas de perspicacité…). « Oui au Soudan aussi » nous répond-il (réponse attendue…). Ce dernier en conclut donc que nous sommes impatients et que nous voulons arriver rapidement aux différents lieux de rendez-vous !

Arrivés au CAO, il y fait bon de s’y détendre un peu et discuter avec les réfugiés. On boit donc latāy (لأتاي)) et on discute de ce début de semaine, du temps, de la cuisine, bref de tout et n’importe quoi. Nous pensons aussi perdre la moitié des motivés pour faire la cuisine. Ces derniers se volatilisent comme par magie…

Aux alentours de 19h Habib s’en va. En effet, il a décidé qu’il cuisinerait le lendemain matin pour que ce soit chaud… Il est hors de question pour lui de cuisiner ce soir et de ne pas apporter au stand des plats qui soient chauds !

Nous commençons à jouer aux cartes (au Président) en compagnie d’Imad et Abderrahmane. Ce dernier, ne voulant pas nous vexer décrète à son désavantage après 2 parties qu’il n’y avait plus de perdants (qu’on appelle le trou ** et vice trou **). On écoute de la musique, on rigole, on continue de jouer au Président et de se faire « écraser » par les réfugiés qui viennent d’apprendre les règles. Par la suite, nous sommes embarqués dans un autre appartement ou Hassan nous invite à manger un plat de mouton à sauce avec du pain fait par Abderrahmane. Nous nous sommes régalés.

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André Maurois disait « le retard est la politesse des artistes » ; une chose est sure nous avons été de vrais artistes lors de cette soirée.

21h00 : Mensonge serait de vous dire que nous n’avons pas paniqué à ce moment précis de la soirée. En effet, il était 21h nous avions passé une très bonne soirée, à jouer aux cartes, à manger, à rigoler, et discuter mais pardi nous n’avions toujours pas cuisiné ! (ce pourquoi nous étions venus à la base). Une chose est sure nous avions du pain sur la planche …

Dès lors, nous commençons à motiver le chef cuisto Abderrahmane, les commis de cuisine Hassan, Imad et nous-mêmes. On commence donc tous à se mettre au travail et à demander une tâche au chef cuisto afin de pouvoir exécuter ses ordres.

Au menu le chef cuisto avait prévu deux plats d’Irak : Pizza et du riz au poulet.

Ainsi, certains s’occupaient des champignons, d’autres de l’ail pendant qu’un autre groupe épluchait les patates etc. J’avais l’impression d’être dans le film d’animation ratatouille (oui… il se faisait tard). Nous étions tous concentrés à notre tâche, pas un mot, pas un bruit, tout le monde voulait bien faire, jusqu’à que je sorte l’appareil photo. A ce moment-là, commence le shooting photo des cuistots, des commis et bénévoles ; nous nous sommes tous détendus, et nous avons continué toujours aussi concentrés mais beaucoup moins stressés. Au bout de quelques minutes, notre travail avait porté ses fruits et l’odeur qui ressortait de la cuisine nous paraissait délicieuse…

Le chef cuisto Abderrahmane nous a proposé deux recettes d’Irak.

Pizza.

  • Pâte fait maison (farine, eau, levure, sel, zaatar)
  • Maïs
  • Fromage râpé
  • Poivron rouge, jaune et vert
  • Champignons

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Riz au poulet.

  • Riz
  • Cuisses de poulet
  • Oignons
  • Patates
  • Sauce tomate
  • Carottes
  • Raisins secs
  • Sel
  • Poivre
  • Epices secrètes du chef cuisto

Pendant la cuisson du riz au poulet nous sommes partis rendre visite aux autres réfugiés qui souhaitaient participer à la cuisine et qui s’étaient volatilisés.

Une fois arrivés à leur appartement, nous les trouvons la main à la pâte. Nous insistons pour les aider, sans réussite ! Ces derniers travaillaient la pâte afin de nous faire des petits gâteaux aux graines de sésame !  Nous étions enchantés par la motivation et le partage de ces derniers, ils étaient si fiers de nous montrer ce qu’ils avaient accompli.

Ils ouvrirent les placards, les sourires aux lèvres et nous montrèrent leur plus grande fierté de cette soirée : des saladiers débordants de gâteaux, un placard à l’image de la caverne d’Ali baba !

Parmi les réfugiés, Ousman (le mangeur de cacahuètes) était le chef cuistot et nous a concocté une spécialité du Soudan.

Gâteaux aux graines de sésames

  • Farine
  • Levure
  • Sucre
  • Sésame
  • Eau

Cette belle soirée s’est achevée sur quelques accolades, et énormément de remerciements de notre part.

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© Photos et texte par Mél, bénévole du RETSER

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