Journée des réfugiés, Nos projets, Sensibilisation

Journée mondiale des réfugié.es, le maître mot était solidarité

A Toulouse, le 20 juin revêt un caractère particulier pour le RETSER. Durant cette journée, avec l’antenne locale d’Amnesty International, nous avons souhaité faire converger nos forces vers un événement commun. Danse, musique, déambulation et jeux à l’honneur autour de cet enjeu contemporain…

J’ai encore dans la tête le rythme entêtant du djembe qu’on tambourine et la voix grave d’Éloge chantant la solidarité. Je revois ces hommes et ces femmes dansant sur la place avec une énergie et une joie de vivre contagieuses, leurs bras balancés instinctivement dans toutes les directions, et leurs pieds sautillant joyeusement en harmonie. Je revois le sourire radieux de Gloria, vêtue de son sari jaune aux bordures multicolores. Ce jour là, elle arborait fièrement son bindi et était encore plus belle que d’ordinaire, avec ses fleurs artificielles dans les cheveux et les divers ornements qui habillaient son cou, sa taille et ses chevilles. Les petites filles qui l’accompagnaient rayonnaient elles aussi de la même gaîté.

Tous, nous étions conquis par la grâce de leurs mouvements et heureux de partager ce moment.  C’est Françoise, responsable régionale d’Amnesty, qui avait lancé les festivités et en avait donné le ton, en invitant toutes les associations présentes à s’applaudir. Dès sa conception dans les locaux de la Maison d’Amnesty, cet événement avait été pensé comme un moment de partage et de fête plutôt qu’une manifestation classique où l’on viendrait scander des slogans et rappeler les droits qui sont bafoués.

Nous étions au moins une douzaine d’associations sur l’esplanade François Mitterrand avec nos petites tables et nos brochures, prêts à interagir avec les passants et à les sensibiliser à nos actions. On aurait dit un véritable village associatif rassemblant bénévoles et salariés d’Amnesty, de Médecins du Monde, de Médecins Sans Frontières, de la Cimade, du Cercle des Voisins, de Toulouse Syrie Solidarité, de Forum Réfugiés – Cosi et bien d’autres encore.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le RETSER s’était quant à lui établi au niveau d’un kiosque qui avait fermé un peu plus tôt. Bastien et Lucie s’étaient attelés à placarder sur la façade le mur d’expression réalisé quelques jours auparavant, lors de notre événement Walls of Connection. On pouvait y déchiffrer des dessins et messages d’amour et de solidarité laissés là par des passants, des habitants du quartier de Bagatelle, des réfugiés et des bénévoles du RETSER.

Aux drapeaux et langues du monde entier venaient se mêler le message de la petite Ella de Turquie, venue décorer la fresque avec ses soeurs, et ce message anonyme qui me reste encore «  Dans tes yeux la volonté d’un monde meilleur, dans ton sourire l’espoir d’un monde où on peut croire à la fraternité ».

Nous avions ensuite tendus des fils afin d’y suspendre quelques photos de nos activités avec les réfugiés. Tandis que nous nous débattions encore avec le vent et nos pinces à linge, certains d’entre eux n’avaient pas tardé à arriver et à s’identifier joyeusement sur les photos. Najib s’amusait avec Lucie à prétendre que c’était un cousin à lui sur la photo et pas lui. Sami, d’un naturel photogénique, pointait fièrement du doigt sa photo.

Leur présence à nos côtés pour cet événement a indubitablement renforcé notre joie à venir partager sur nos engagements. Ce sont eux qui nous rappellent constamment tout ce qu’on peut recevoir en donnant. Ils nous enrichissent à chaque rencontre et nous donnent à voir tout ce sur quoi les médias font l’impasse: leur générosité, leur amitié, leur amour pour leur pays et leur curiosité pour le nôtre. Il n’est ainsi pas surprenant que ce soit eux qui les premiers ont fait vivre notre idée des étiquettes. Celle-ci consistait à inscrire sur des petits papiers autocollants nos origines, afin de déconstruire cette cloison absurde du eux et du nous, des français et des étrangers. Nous venons tous de quelque part et sommes tous baignés de cultures métissées: d’Afghanistan, d’Iran, d’Algérie, d’Espagne, du Congo, du Maroc, de Guadeloupe, de Tahiti, de la Réunion, d’Italie, d’Allemagne et j’en passe.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

C’est fiers de cette diversité que certains d’entre nous avons abandonné pour un temps les quelques activités en cours sur l’esplanade: le graff « Welcome » de Rodolphe et le jeu de loi proposé par les travailleurs sociaux d’un CADA sur le parcours d’un demandeur d’asile. Nous avons alors entamé une déambulation à travers la rue d’Alsace Lorraine jusqu’à la place St Georges. Le tempo était donné par les percussionnistes et le cortège était mené par des militants aux pancartes Amnesty et Toulouse Bienvenue. Chaque arrêt fut ponctué par une petite pause musicale et des prises de parole venant nous rappeler l’envers de cet élan de solidarité.

Il y a d’abord eu ce témoignage poignant d’un réfugié syrien, lu par une bénévole de Toulouse Syrie Solidarité: « J’ai perdu ma qualification d’être humain » disait-il « je suis devenu un chiffre parmi d’autres ».

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ces chiffres nous furent rappelés par le quizz grinçant du comédien Aurélien, venu nous apprendre, au delà de ces grandes lignes que nous connaissions déjà, que la moitié de la population réfugiée était composée d’enfants et que les réfugiés passaient en moyenne 17 années dans un camp. C’est ici que vient s’inscrire la ligne de démarcation entre  acteurs associatifs et réfugiés, dans ce présent suspendu entre tout ce qu’ils ont laissé derrière eux – des proches, une certaine situation sociale, un pays qu’ils adorent, et toutes les étapes qu’il leur reste encore à parcourir pour pouvoir se reconstruire ici. C’est sur ce chemin que toutes les associations présentes ce jour là tentent d’apporter leur aide et leur solidarité.

De retour sur l’esplanade, nous dansons encore une dernière fois avant de finalement nous quitter. Les sourires sur les visages qui m’entourent me laissent penser que chacun rapportera avec soi un peu de cet élan de fraternité que nous avons partagé aujourd’hui. Quant à la solidarité, elle restera au coeur de nos actions et permettra, nous l’espérons, de continuer à faire grandir notre réseau.

 

© Keani (Bénévole)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s